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GoPro, hybride ou caméra cinéma : quelle caméra pour filmer le surf ?

Les trois font des choses différentes, et la meilleure est souvent celle qu'on a déjà. Ce que chacune apporte, et quand elle est le bon choix.

C'est la question qui revient le plus souvent, et la réponse tient en une ligne : les trois font très bien leur travail, mais pas le même.

Une bonne vidéo de surf mélange d'ailleurs presque toujours plusieurs sources. Voici ce que chacune apporte, et le moment où elle devient le bon choix.

La GoPro : celle qui va dans l'eau

C'est la caméra de l'eau, et sur ce terrain elle n'a pas vraiment d'équivalent.

Elle est étanche sans caisson supplémentaire, elle tient dans une main, elle se prend une vague sans que ça pose de problème. Son grand-angle très ouvert est exactement ce qu'il faut à trente centimètres d'un surfeur : la vague paraît plus grande, et on reste dans le cadre même quand ça bouge.

Elle donne aussi les plans qu'aucune autre ne peut donner : fixée sur la planche, tenue à bout de bras dans l'écume, à moitié sous la surface.

Ce qu'elle ne fera pas : cadrer serré un surfeur à cent mètres depuis la plage. C'est un choix de conception. Son capteur est petit et son objectif est fixe, ce qui est précisément ce qui la rend légère et solide.

Quand c'est le bon choix : dans l'eau, sur la planche, et pour commencer sans se poser de question. Beaucoup de très belles vidéos de surf ne sont tournées qu'avec ça.

L'hybride : la polyvalence

Un boîtier à objectifs interchangeables, c'est celui qui couvre le plus de situations dans une même journée.

Avec un téléobjectif, vous cadrez le pic depuis la plage et vous suivez la manœuvre. C'est le plan fondateur d'une vidéo de surf, celui qui montre la vague et le geste en même temps. Avec un objectif court, vous filmez la préparation, le van, les mains qui waxent.

Son autre avantage est la lumière basse. En fin de journée, quand la lumière devient belle, un grand capteur continue de donner une image propre là où une petite caméra commence à granuler.

Ce qu'il demande en échange : un caisson si vous voulez le mettre à l'eau, et un peu plus d'attention aux réglages.

Quand c'est le bon choix : dès que vous filmez depuis la plage, et dès que vous voulez plusieurs types de plans dans la même session.

La caméra cinéma : la latitude au montage

Elle sert surtout à ce qui se passe après le tournage.

Ce qu'elle apporte tient en deux mots : la dynamique et le codec. Une plage plus large entre les ombres et les hautes lumières, et un fichier qui accepte d'être étalonné en profondeur sans se déliter. Sur un contre-jour d'eau, le cas le plus difficile du surf, c'est ce qui permet de garder à la fois le détail dans l'écume et le ciel.

Elle est plus lourde, plus lente à mettre en route, et elle demande plus de stockage.

Quand c'est le bon choix : un film de marque, un documentaire, tout ce qui sera étalonné sérieusement et regardé sur grand écran.

Trois choses qui pèsent plus lourd

La cadence. Le placement. L'heure.

Ces trois-là pèsent davantage que le choix du boîtier, et elles sont accessibles quel que soit le matériel.

La cadence. Filmer à cadence élevée pour pouvoir ralentir. Le geste dure une demi-seconde et il ne se rejoue pas. Toutes les caméras citées le font.

Le placement. Être au bon endroit change plus l'image que n'importe quel capteur. Une GoPro bien placée bat un boîtier cher mal placé, à tous les coups.

L'heure. La lumière du début et de la fin de journée fait une différence que le matériel ne rattrape pas.

Ce que j'emporte, moi

Autant être précis, parce que ça surprend souvent.

Pour le pic depuis la plage, je filme à l'iPhone avec un téléobjectif ×6, en Log ProRes LT via l'application Blackmagic Camera, en 4K à 60 images par seconde. C'est exactement ce dont je parlais plus haut à propos de la latitude au montage : sur un contre-jour d'eau, ça laisse de quoi rattraper l'écume et le ciel.

Pour l'eau, un caisson étanche qui se met sous vide, des palmes de bodysurf et des lunettes de natation. Pour la vue d'ensemble, un DJI Mini 4 Pro et quatre batteries. C'est ce que coûte une vraie journée. Un stabilisateur quand une école se prépare sur le sable.

Et le reste, qui décide autant du résultat : de la crème solaire, une bouteille d'eau, un trépied qui me sert aussi à suspendre le sac quand je travaille près du bord, et un sac imperméable.

Deux sources, donc : une pour la plage, une pour l'eau. Elles racontent la même session vue de deux endroits, et c'est ce contraste qui donne du relief au montage.

Une seule caméra suffit très bien, et c'est même plus reposant. Vous choisissez votre angle pour la journée et vous le travaillez à fond.

Avant de changer de boîtier

La meilleure caméra pour filmer le surf est celle que vous avez déjà et que vous connaissez bien. Une GoPro suffit largement pour de très belles images, un hybride ouvre la plage et les longues focales, une caméra cinéma sert un projet qui ira jusqu'à l'étalonnage.

Avant de changer de boîtier, essayez de changer d'heure et de place. C'est gratuit, et ça se voit davantage.

Si vous voulez voir ce que donnent ces angles en mouvement, c'est par ici.