sujet 4 sur 5 Toute la branche
Cet article appartient à Vidéo de surf & de sport · sujet 4 sur 5

Comment filmer un surfeur depuis l'eau

Le placement, le grand-angle, le dôme. Quelques repères pour ramener de bonnes images avec un caisson, et prendre plaisir à le faire.

Filmer depuis l'eau donne des images qu'aucun autre angle ne donne : l'échelle, l'immersion, l'eau qui court sur le dôme.

C'est aussi l'angle où l'on garde le moins de prises, et c'est très bien ainsi. On va chercher quelques plans, pas une session complète. Voici les repères qui m'ont le plus servi.

Le placement fait presque tout

Il se décide avant d'entrer dans l'eau, et c'est la partie la plus intéressante.

L'idée est de se tenir à l'intérieur de la trajectoire du surfeur, jamais devant. S'il vous voit arriver dans sa ligne, il change de trajectoire, et le plan part avec.

Sur un beach break, la bonne position est souvent légèrement au large de l'endroit où la vague creuse, décalée du côté vers lequel elle déroule. Le surfeur passe devant vous plutôt que sur vous.

Cette position se déplace avec la marée. Ressortir de temps en temps pour regarder depuis la plage et se replacer fait gagner beaucoup de prises. C'est le geste le plus rentable de la journée.

Composer avec le courant

Sur cette côte, le courant est constant et il vous déplace latéralement sans qu'on le sente.

Deux habitudes suffisent : prendre un repère fixe à terre et le vérifier régulièrement, et accepter de rentrer se replacer plutôt que de lutter. On se fatigue moins, et on filme mieux.

Être à l'aise dans les vagues compte plus que le matériel. Si vous débutez, la plage donne déjà de très belles images, et rien ne presse pour passer à l'eau.

Le grand-angle, et c'est tout

Depuis l'eau, on filme court. Très court.

La raison est simple : vous êtes à deux mètres du sujet. Une focale longue ne cadrerait qu'un morceau de combinaison, et le moindre mouvement de main sortirait le surfeur du champ.

Le grand-angle donne aussi l'effet qui fait tout l'intérêt de cet angle : la vague paraît plus grande qu'elle ne l'est, parce que la caméra est au niveau de l'eau et que la perspective s'exagère.

Le dôme, la vraie différence

Un caisson à hublot plat déforme sous l'eau et ne permet pas les plans mi-air mi-eau. Un dôme les rend possibles. C'est ce plan coupé en deux, moitié écume moitié ciel, qui signe une vidéo tournée à l'eau.

Trois gestes qui changent le résultat :

  • Mouiller le dôme juste avant la prise. Les gouttes restées collées sont la première cause de plans perdus.
  • Une goutte de produit anti-buée à l'intérieur, sur la vitre.
  • Vérifier les joints avant chaque entrée. Ça prend dix secondes et ça évite une mauvaise surprise.

La cadence

Filmez à cadence élevée. Le geste dure une demi-seconde, et il ne se rejoue pas.

Un ralenti donne le temps de lire ce qui se passe. En temps réel, un take-off filmé à un mètre passe trop vite et trop près pour qu'on le comprenne.

En revanche, ne ralentissez pas tout au montage. Le take-off et la sortie gagnent à rester en temps réel. C'est le contraste qui donne l'impression de vitesse.

Partager l'eau

Vous êtes au milieu de gens qui surfent, avec du matériel dans les mains. Quelques habitudes rendent la chose agréable pour tout le monde.

Le leash de caisson gagne à être court et attaché au poignet plutôt qu'à la cheville : on pare une planche avec les bras.

Restez hors de l'axe entre un surfeur et la plage. Et dites simplement aux gens à l'eau que vous filmez. La plupart adaptent leur trajectoire d'eux-mêmes, certains vous demandent même de les prendre. C'est souvent comme ça qu'on rencontre du monde au pic.

Ce que cet angle donne, et ce qu'il ne donne pas

Ce qu'il donne : l'échelle, l'immersion, l'eau qui explose sur le dôme, le regard du surfeur à un mètre.

Ce qu'il ne donne pas : la manœuvre lisible du début à la fin, ni la vague entière. Pour ça, c'est la plage.

C'est pour cette raison qu'une vidéo se construit presque toujours avec les deux angles. Une session filmée uniquement depuis l'eau peut être très belle et rester difficile à suivre.

Ce qu'on rapporte d'une session

Grand-angle, dôme mouillé, cadence élevée, leash au poignet. Le reste s'apprend en y allant.

Et c'est un angle très agréable à travailler : on est dedans, on attend, on lit la série comme les surfeurs autour. Beaucoup de tentatives pour quelques plans, mais ces plans-là ne se trouvent nulle part ailleurs.

Si vous voulez voir ce que ça donne en images, c'est par ici.