Le Journal Vidéo immobilière Sept plans qui mettent en valeur
sujet 1 sur 5 Toute la branche
Cet article appartient à Vidéo immobilière · sujet 1 sur 5

Sept plans qui mettent une maison en valeur dans une vidéo immobilière

Des plans simples, qui demandent surtout du temps et un peu de patience. Ce qu'ils montrent, et le moment de la journée où les tourner.

Une porte qu'on franchit. Un reflet sur un plafond. Une lumière qui s'en va.

Il y a des plans qui donnent tout de suite du calme et de l'ampleur à une vidéo de maison. Aucun n'est compliqué à tourner. Ce qu'ils demandent, c'est de choisir son heure, et de laisser tourner un peu plus longtemps que l'envie qu'on en a.

En voici sept que j'utilise presque à chaque fois, et ce que chacun apporte.

Le plan qui entre par une ouverture

Vous commencez dehors, cadré sur une baie ou une porte ouverte, et vous avancez lentement jusqu'à passer à l'intérieur.

Ce qui le rend agréable, c'est le changement de lumière : l'image s'assombrit un instant en passant le seuil, puis s'ouvre sur la pièce. C'est ce petit passage qui donne l'impression d'entrer chez quelqu'un plutôt que de regarder des photos.

Il demande une exposition manuelle : en automatique, la caméra corrige pendant le mouvement et l'image « pompe ».

Le contre-jour assumé

Se placer face à la fenêtre, plutôt que dos à elle.

Le réflexe est souvent l'inverse, et c'est légitime : dos à la fenêtre, tout est bien éclairé et bien lisible. Mais face à elle, on gagne la profondeur : le premier plan devient sombre, l'extérieur reste lumineux, et l'œil traverse la pièce.

Pour tenir les deux, j'expose pour l'extérieur et je rattrape l'intérieur en ouvrant les portes des pièces voisines. La lumière du jour fait le travail, sans rien allumer.

Le détail très proche

Une poignée. Le fil du bois. Le joint d'une pierre. Le reflet de l'eau sur un plafond.

Ces plans ne montrent pas la maison, ils montrent le soin avec lequel elle a été faite. Trois ou quatre suffisent, et ils sont ce que je préfère tourner : on cherche des choses que personne ne remarque en visite.

Le mouvement lent, et long

Un même mouvement, tenu six secondes, plutôt que trois mouvements de deux secondes.

C'est sans doute ce qui change le plus le ressenti d'une vidéo, et c'est gratuit. Une caméra qui prend son temps donne l'impression que rien ne presse. Le rythme rapide a ses usages, il va très bien à un réel de trente secondes, mais sur une visite, le calme porte mieux.

Le plan qui relie l'intérieur et l'extérieur

Une baie qu'on ouvre, une table dressée dehors vue depuis le salon, un rideau qui bouge.

Sur la côte landaise, c'est souvent ce qui donne envie : la maison ne s'arrête pas au mur. Un seul plan qui tient les deux espaces dans le même cadre en dit plus long qu'un plan de séjour et un plan de terrasse mis bout à bout.

Le plan de matière

Le bois, la pierre, le béton ciré, le lin d'un rideau. Cadré serré, avec une lumière rasante qui accroche le relief.

C'est un plan de texture, pas d'information. Il ne dit rien sur les volumes et il donne pourtant beaucoup sur la qualité de ce qu'on regarde. Il se tourne en trente secondes, souvent pendant qu'on attend que la lumière tourne.

Le plan de fin de journée

Le dernier quart d'heure avant le coucher, sur une maison orientée ouest.

C'est le seul de la liste qui ne se rattrape pas : il faut être là au bon moment, et donc caler la journée sur l'orientation de la maison plutôt que sur son agenda.

Quatre secondes dans le montage final. C'est presque toujours le passage que les gens rejouent.

L'ordre dans lequel les placer

Ces sept plans se rangent bien ainsi : on ouvre sur l'extérieur et l'arrivée, on entre par une ouverture, on installe les volumes, on glisse les détails et les matières entre deux pièces, et on termine dehors, à la lumière du soir.

Le principe, c'est que le montage se termine sur ce dont on veut se souvenir. Une vidéo qui finit sur la salle de bains raconte la salle de bains.

Si vous n'en gardez que deux

Aucun de ces plans ne demande de matériel particulier. Ce qu'ils demandent, c'est de l'exposition manuelle, des mouvements plus lents que l'envie qu'on en a, et d'accepter de revenir en fin de journée.

Si vous devez n'en garder que deux : le mouvement long, et le dernier quart d'heure.

Si vous voulez voir ce que ça donne sur un bien réel, c'est par ici.