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Filmer une villa à Hossegor : ce qui change par rapport à une maison classique

Sur cette côte, un acheteur regarde une fin de journée sur la terrasse autant que des mètres carrés. Ce que ça demande, plan par plan.

Plan large sur le salon. Travelling dans le couloir. Contre-champ sur la cuisine. Sortie sur la terrasse.

Tout le monde connaît cette grammaire, et elle a ses qualités : elle est claire, elle rassure, elle marche très bien pour un appartement en ville où l'on compare des surfaces.

Sur une villa de bord de mer, il se passe autre chose. La personne qui regarde a déjà une image en tête avant d'ouvrir la vidéo, et cette image, ce n'est pas un plan de séjour.

La question à laquelle la vidéo peut répondre

Une visite tournée au mètre répond à « qu'est-ce qu'il y a dedans ? ». C'est une vraie question, elle arrive simplement un peu plus tard.

La première, sur un bien de bord de mer, c'est plutôt : « qu'est-ce que ça fait d'y être ? »

Et celle-là se raconte, elle ne s'inventorie pas.

Ce que le bien raconte déjà

Sur la côte landaise, ce qui donne envie tient souvent en trois choses : l'orientation, les pins et le silence.

Une villa orientée ouest reçoit la lumière rasante au moment exact où l'on rentre du travail. Les pins filtrent le vent et donnent une intimité qu'aucune clôture ne remplace. Et à deux rues de la plage, on n'entend plus la route.

Aucune des trois n'apparaît sur un plan de salon. Toutes les trois se filment.

Deux registres, et l'ordre compte

Les plans d'architecture montrent le bâti : les volumes, les hauteurs, l'enchaînement des pièces. Ils rassurent, ils parlent à celui qui compare. Verticales droites, mouvements lents, pas de grand-angle qui déforme.

Les plans de vie montrent l'usage : une baie qu'on ouvre, une table dressée dehors, la lumière qui traverse. Ils parlent à celui qui imagine.

L'ordre qui fonctionne le mieux est presque toujours le même : on ouvre sur le lieu, on installe l'architecture au milieu, on termine sur la vie.

Une vidéo qui commence par le plan de situation et se termine par la salle de bains raconte l'histoire à l'envers, et ça se sent, même sans savoir pourquoi.

Ce que le drone apporte, et où il s'arrête

Sur un bien de bord de mer, le drone répond à une question que l'acheteur se pose tout de suite sans jamais l'écrire : où est-ce, exactement ?

Un seul plan qui tient la maison, les pins et la ligne d'eau dans le même cadre en dit long : la distance réelle à la plage, l'exposition, le voisinage.

Une fois cette question réglée, il a fait le plus gros. Le reste se raconte mieux au sol, à hauteur d'œil, là où l'on se projette : les volumes, la lumière, la vie.

Un plan d'arrivée, éventuellement un plan de départ, et on redescend.

L'heure du tournage, plus que le matériel

C'est le point qui change le plus le résultat, et il ne coûte rien.

Une villa landaise à 14 h, c'est un soleil haut, des intérieurs qui paraissent sombres et une terrasse en aplat blanc. La même terrasse en fin de journée devient ce qu'on retient du bien.

D'où l'idée de caler la journée sur l'orientation plutôt que sur l'agenda : les intérieurs quand le soleil est haut et que la lumière est ample, la terrasse et les extérieurs dans le dernier quart d'heure.

Sur une villa orientée ouest, ce quart d'heure-là vaut souvent le reste de la journée. Ça fait quatre secondes dans le montage final, et c'est presque toujours le passage que les gens rejouent.

Ce qu'une vidéo fait, et ce qu'elle ne fait pas

Elle fait circuler le bien. Quelqu'un qui ne peut pas se déplacer tout de suite l'envoie le soir même à son conjoint, et une vidéo se regarde à deux sur un canapé. C'est là qu'elle complète bien les photos de l'annonce, qui restent le premier contact.

Elle aide aussi à ce que les gens qui se déplacent sachent déjà ce qu'ils viennent voir.

En revanche, personne ne peut sérieusement promettre un délai de vente ou un prix final : trop de choses entrent en jeu. Ce qui se maîtrise, c'est la qualité de ce que l'acheteur regarde.

À quoi ressemble le montage

  • Un plan d'arrivée au drone, qui situe
  • Deux ou trois plans d'approche au sol, pour l'échelle
  • L'enchaînement des volumes, en mouvements lents
  • Les ouvertures : ce qui relie l'intérieur à l'extérieur
  • La fin de journée dehors
  • Un plan de sortie, court

Entre 45 secondes et 1 min 10. Au-delà, on ne gagne plus grand-chose : ce sont les durées où l'on va au bout.

Si vous voulez voir à quoi ressemblent les vidéos que je réalise, elles sont par ici.